Echo

Publié le par Fan Tine

Echo

Ils étaient beaux, riches et pervers. Leur émission pulvérisait l'audimat ; les invités en sortaient humiliés, insultés, blacklistés. Petite lucarne et jeux du cirque... Aujourd'hui, les Frères Vaillant ne sont plus. Et la scène de crime n'est pas belle à voir.En arrivant sur les lieux, le commandant Vivier constate l'horreur des mutilations. Les deux pantins semblent figés en un tableau grotesque, d'un effroyable sadisme. Et l'avis de Garance Hermosa, sexo-criminologue au profil incendiaire, confirme ce premier diagnostic. Certes, les jumeaux ne manquaient pas d'ennemis, mais ce degré de violence rituelle laisse deviner un véritable monstre... Pour le démasquer, le flic et l'experte devront se voir en son miroir sans entrer dans son jeu. Car le crime, comme l'écho, se répète...

Tout commence avec le journal intime d'un enfant et très vite, on comprend qu'il est maltraité et abusé. Fille où garçon ? La question se pose car rien ne nous permet de savoir. Puis l'auteur nous parachute sur une scène de crime particulièrement sordide, monstrueusement odieuse et sadique. Deux frères jumeaux très célèbres ont été assassinés, je dirais même massacrés. C'est le commandant Vivier qui est en charge de l'enquête et pour lui prêter main forte, on lui a délégué une sexo-criminologue ( comprenez une psychologue spécialisée dans les crimes à connotations sexuelles) Garance Hermosa, censée cerner la personnalité des victimes et du tueur pour dresser un profil pouvant mener à une arrestation. Malheureusement, les choses ne vont pas être si faciles et il leur faudra démêler le vrai du faux, gratter le vernis pour faire toute la lumière et enfin faire fi des apparences pour plonger au coeur d'une vérité infâme, monstrueuse. Une vérité conditionnée par une vie de sévices, de maltraitance, d'ignominie où l'enfant du journal intime trouve sa place. Et qui va finalement mener à ce meurtre horrible. C'est cette vérité que notre duo d'enquêteur va devoir mettre à jour, non sans danger car les suspects sont nombreux et pas toujours très bien disposés.

Les personnages sont plutôt intéressants. Tout d'abord, le commandant Vivier, le cliché type du vieux flic bourru mais au grand coeur, avec un coté un tantinet macho, n'appréciant pas trop de se faire damner le pion par sa collègue, Garance. Ces deux là ne sont pas trop fait pour s'entendre de prime abord. Garance fonce tête baissée, prend des risques insensés et pour une psychologue, n'est parfois pas très diplomate et par moment, manque cruellement de tact. On comprend au fur et à mesure que certains événements lui sont arrivés qui font remonter de mauvais souvenirs. Par moment, elle m'a littéralement tapé sur le système de par sa nature susceptible et rancunière. Tandis que Patrick à l'opposé ne joue pas avec le feu, ne se laisse pas dominer par ses sentiments et se soucie de la sécurité de sa partenaire. On sent même qu'il à un petit faible pour elle. Il m'a touché de par sa maladresse tellement innocente. Cela va t'il mener quelque part ? Je vous laisse le plaisir de le découvrir. A vous la surprise !!!! Et puis il y a les jumeaux, personnages phare du roman à titre posthume. Des victimes, oui mais pas des anges, loin de là. Des êtres manipulateurs, pervers et mauvais, tout pour les haÏr profondément. Au départ, on se dit: " bon débarras ! " mais finalement, je les plains. Comme dit le proverbe, " on ne naît pas mauvais, on le devient ". Un nouveau-né, c'est une page blanche. C'est son éducation qui conditionne la personne qu'il deviendra. Au su de ce qu'ils avaient vécu, j'ai eu de la pitié pour eux, comme une envie de les sauver sans y parvenir.

Le fin mot de l'histoire m'a donné envie de vomir. Malheureusement, ce sont des choses réelles. Et c'est effrayant car c'est un constat sans appel de notre société. On en entend parler tous les jours. L'auteur nous fait pénétrer l'esprit malade d'une façon terrible. Ce livre est un choc psychologique. Ingrid Desjours y aborde des sujets tabous de façon percutante. Malgré le dégoût, on ne peut s'empecher de continuer car on veut aller au bout de ce cauchemar, découvrir qui est cet enfant qui perd peu à peu son âme innocente, savoir ce qu'il va devenir. En parallèle, on veut savoir qui a commis ce crime horrible pour en comprendre la raison. L'alternance des chapitres entre le journal intime et le déroulement de l'enquête est subtilement complémentaire, ce qui amène à se questionner sur l'identité de l'enfant, chercher des signes, des indices sur l'adulte qu'il est devenu et essayer de le repérer parmi les protagonistes de l'enquête. Honnêtement, je n'ai pas réussi à le démasquer avant de le lire à la fin. Je n'aurais jamais pu deviner. Et vous, y arriverez vous ? Pour son premier roman, Ingrid nous a montré qu'elle avait tout d'une grande. Succès non démenti mais plutôt confirmé.

Journal,
Alors je vais tout te dire parce que ça sert à ça un journal. C'est marrant d'écrire tout ce qu'on pense ! Aujourd'hui j'ai fêté mes huit ans. J'ai passé une bonne journée. Pour commencer, maman m'a coupé les cheveux, ce matin, bien court, parce que c'est plus facile pour les laver, et puis c'est mieux pour les bagarres parce que comme ça, ça fait comme les policiers ou les soldats, on peut pas les tirer. Quand je passe la main derrière on dirait un hérisson c'est rigolo ! Je trouve que comme ça je ressemble plus à Titi. Surtout que j'ai récupéré son vieux pantalon en velours parce que maintenant je rentre dedans, et plus lui. Mais c'est normal, lui il a déjà treize ans. Plus tard, je veux être comme lui et Roxy. Mes frères, c'est des durs. Ils ont peur de personne, et ils rentrent souvent à la maison avec des bleus et leurs vêtements tout sales et déchirés. Maman dit que c'est de vrais petits hommes. Je les envie un peu parce que moi elle me traite comme un bébé. Elle m'appelle son Doudoune. Mais je préfère Doudou. En vrai, mon nom c'est pas Doudou, mais c'est un surnom affectueux. Et puis ça ressemble aux sirènes des pompiers, et moi j'aime bien les pompiers. Dou-dou-dou-dou !

Echo

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